sommaire



 

 

UN BENQUETOIS AU PANTHEON

 

A PARIS, le Panthéon est une ancienne église dédiée à Sainte Geneviève, construite par Soufflot à partir de 1764 et achevée par Rondelet vers 1790. La Révolution la transforme en mausolée « destiné à recevoir les cendres des grands hommes à dater de l’époque de la liberté française ». Ils seront désignés par le Corps Législatif. Au dessus du fronton sont gravés les mots : « Aux Grands Hommes, la Patrie Reconnaissante ». Les régimes successifs maintiennent cette affectation au moins au niveau de la crypte, mais certains personnages en sont retirés, par exemple Mirabeau et Marat, d’autres y sont transférés tels Voltaire, Jean-Jacques Rousseau, l’abbé Grégoire, Monge, Condorcet, Alexandre Dumas etc.…

 

Sous la Vème République, sont ainsi honorés à leur décès les restes de Jean Moulin, René Cassin, Jean Monnet, Pierre et Marie Curie, André Malraux, etc…

 

Actuellement, on compte 72 inhumations dont seulement deux femmes : Mme Berthelot (en même temps que son mari chimiste et ministre) et Marie Curie, prix Nobel de physique. On distingue un seul homme de couleur Félix Eboué, gouverneur de la Guadeloupe, puis du Tchad, rallié à De Gaulle en 1940.

 

Le record appartient au 1er empire avec 41 personnages militaires et civils. Parmi ces derniers, depuis 1809, Jean-Baptiste PAPIN, Comte de SAINT CHRISTAU, qui vécut au Vieux Château de BENQUET.

 

Il naît le 10 décembre 1756 à Aire sur Adour, son père Louis PAPIN est juge. Sa mère s’appelle Marie LAFAILLE. Il devient « homme de loi » c'est-à-dire avocat, puis receveur des finances; il épouse le 12 septembre 1780 , Marie Françoise FRANCINE, fille d’un négociant de Saint Sébastien. Il est parent par alliance de deux hommes politiques landais :

 

- Jean MAURIET DE FLORY (1755 – 1838) de Villeneuve de Marsan, avocat au parlement, député du Tiers Etat et secrétaire de l’Assemblée.

- Jean-Baptiste CHAUMONT (1746 – 1812) d’Aire sur l’Adour, avocat au Parlement, puis juge à St Sever et

   Mont de Marsan, député des Landes au Conseil des Cinq Cents.

 

Le 22 Germinal An V (11 avril 1797), Jean-Baptiste PAPIN est élu comme représentant du peuple au Conseil des Anciens avec 142 voix sur 196 par l’assemblée électorale réunie à la ci-devant église paroissiale de Mont de Marsan.

 

Le 18 Brumaire An VIII (9 novembre 1799), il se rallie au coup d’état de Bonaparte. Sous le consulat, il est élu député des Landes au Corps Législatif le 4 Nivôse An VIII (25 décembre 1799).

 

Le 12 pluviôse An XII (2 février 1804), il est appelé au Sénat Conservateur où il vote avec la majorité. D’ailleurs il ne se fait remarquer dans aucune des assemblées où il est appelé à siéger.

 

En 1782 les époux PAPIN ont une fille prénommée Marie Antoinette Adèle. Celle-ci épouse en 1802 un noble breton plus âgé de 30 ans Charles Jacques Nicolas DUCHATEL. Elle est remarquée par Napoléon 1er lors de son passage à Mont de Marsan en 1808. Il est hébergé à l’hôtel particulier des PAPIN dans l’actuelle rue Armand Dulamon*. Entre cette belle et gracieuse blonde aux yeux bleus et l’empereur va naître une idylle qui se concrétisera à la cour impériale mais qui sera assez vite rompue par la jalousie de l’impératrice. Celle-ci aurait pourtant reconnu que Napoléon n’aurait vraiment aimé que trois femmes : elle-même Joséphine, Marie WALEWSKA la comtesse polonaise et Mme DUCHATEL dame du palais venue de Benquet. D’après G.CABANNES « dans l’intimité de l’empereur il y a eu deux femmes : Mme WALEWSKA et Mme DUCHATEL pour lesquelles l’histoire a toutes les indulgences. Elles ne paraissent pas en avoir été indignes.

 

L’aîné des fils DUCHATEL Charles Tanneguy sera trois fois ministre sous Louis Philippe. Le cadet Napoléon Joseph, filleul de l’empereur, sera député, préfet et pair de France. Leur fille, Caroline, épousera un préfet de Louis Philippe.

 

En 1784, au foyer PAPIN naît Dominique Joseph qui va devenir Trésorier Général des invalides, Conseiller Général des Landes et Maire de Benquet où il moura en 1841. Au cimetière, deux stèles marquent les sépultures de ce comte de SAINT CHRISTAU et de sa mère la Comtesse PAPIN née FRANCINE.

 

Jean-Baptiste PAPIN et sa famille se sont grandement illustrés dans la politique et l’administration. A son décès en 1809, les mérites du comte ont du être jugés assez exceptionnels pour que son corps reçoive le suprême honneur d’être inhumé parmi les grands hommes de la France.

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            Y. P.

* cf.bulletin n°55

 

 

La Benquetoise et l'Empereur

Jean-Baptiste PAPIN est né à Aire sur l’Adour le 10 décembre 1756 d’un juge, Louis PAPIN et de Marie LA FAILLE. Avocat et receveur des Finances, il est appelé « Homme de loi à Aire ».

Le 12 septembre 1780 , il épouse Marie Françoise FRANCINE, fille d’un négociant de Saint Sébastien.
Pendant la Révolution, il est élu le 22 Germinal An V (11 avril 1797) au Conseil des Anciens par une assemblée électorale réunie à la ci-devant église paroissiale de Mont de Marsan par 142 voix sur 196.
Il se rallie au coup d’état de Napoléon Bonaparte le 18 Brumaire An VIII (9 novembre 1799) et devient député des Landes au Corps Législatif sous le Consulat.
Il est appelé au Sénat Conservateur le 12 Pluviose An XII (2 février 1804). Il ne se fait pas remarquer et vote silencieusement avec la majorité.

Etant propriétaire du château de BENQUET, il porte le titre de Comte de SAINT CHRISTAU. Il meurt au château de Benquet en 1809.

Les époux PAPIN ont eu un fils qui sera le Comte PAPIN, paiera en 1841, 3660 Francs de cens (Imposition pour être électeur), mourra au château de Benquet et sera enterré dans le cimetière du village.
Ils ont eu aussi une fille, Marie Antoinette Adèle, qui se marie en 1802 avec M. DUCHATEL, un noble breton de 30 ans plus âgé qu’elle… On lui prête une liaison amoureuse avec l’empereur NAPOLEON 1er. Celui-ci, à l’occasion d’un séjour en Aquitaine, notamment à Bayonne, s’arrête à Mont de Marsan en 1808. Au lieu de passer la nuit à la Préfecture (l’actuelle Trésorerie Générale 23 rue Armand Dulamon à Mont de Marsan), il est hébergé à l’hôtel PAPIN situé un peu plus loin au numéro 20 de la même rue (l’actuel bâtiment vétuste de l’ETOILE SPORTIVE MONTOISE).

On peut supposer que l’Administration Préfectorale récemment créée, occupait un bâtiment ancien à titre provisoire et n’était donc pas en mesure d’héberger dignement l’empereur.

Marie Antoinette Adèle est charmante et danse à merveille … Une idylle naît entre elle et l’empereur. Par la suite, elle reste fidèle à NAPOLEON même dans les mauvais jours. D’ailleurs, l’impératrice Joséphine en est jalouse.
Un jour, recevant un portrait de l’empereur enrichi de diamants, elle garde le portrait et renvoie les diamants pour prouver son désintéressement.

Il fut souvent sans doute question de Benquet à la Cour Impériale. Dans ses mémoires, Madame de REMUSAT la désigne par Madame X…. M. DUCHATEL est appelé au Conseil d’Etat par Napoléon.

Les époux DUCHATEL ont deux fils et une fille. L’aîné, Charles, deviendra ministre du Commerce des Finances et de l’Industrie ainsi que Président du Conseil des Ministres sous Louis Philippe.
Le second fils, prénommé Napoléon Joseph, est le filleul de l’empereur. Le fille se prénomme Caroline.

On dit sur NAPOLEON 1er, en dehors de ses nombreuses aventures, n’aurait vraiment aimé que trois femmes, Joséphine de Beauharnais l’impératrice, la Comtesse polonaise Marie Walewska et Madame DUCHATEL la benquetoise.

(… à suivre…)
Yves PABON

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Ceux-ci, en contractant une union avec le curé de BENQUET et de ses trois annexes, pouvaient assurer au nouveau collège montois dont ils avaient la charge, des ressources importantes et régulières.

Donc, une petite église existait dans l’actuel quartier de LA CHINE, à l’Est de la ferme GUIROUN. De nos jours, il n’en reste pratiquement plus aucune trace mais une parcelle de terre cultivée porte encore le nom de SENT PE, soit SAINT PIERRE en gascon. Elle appartient à la famille TACHON de POMPET. Au moment des labours apparaissent parfois quelques menus débris de terre cuite et des fragments d’ossements, minuscules vestiges d’une petite paroisse regroupée autour de l’église et du cimetière.

Jusqu’en 1677, cette paroisse est desservie « à l’alternative » avec SAINT JEAN. Mais cette année-là, il est décidé de la réunir à BENQUET. En effet, les habitants sont à faible distance de l’église principale, moins de 2 Km par le chemin, aujourd’hui disparu, menant à HOURCARIOU, au 871 route de Bretagne
.

Comme ils sont devenus peu nombreux, il leur devient impossible d’assumer les charges d’un édifice religieux. Toutefois, ils peuvent continuer à choisir leurs sépultures dans le cimetière entourant l’église désaffectée. Or les fidèles n’apprécient pas la messe en alternance qui les oblige à se déplacer. S’ils ne peuvent conserver une desserte suffisante et autonome de leur église de quartier avec un curé à eux, ils adhèrent vite à une conception économique et rationaliste du culte.

Il est à signaler qu’ils appartiennent au même « taillable » (cellule fiscale de la taille, un impôt levé sur les roturiers sous l’ancien régime) et que la sortie de la messe est l’occasion de discuter avec les fidèles du bourg, de leurs préoccupations communes.
Mais il apparaît que le petit cimetière n’est utilisé que pendant deux générations après la disparition du culte. En effet, on apprend qu’il est entièrement abandonné un demi siècle plus tard. On relève qu’en 1750,  il est devenu comme une petite forêt, il est couvert d’arbustes et de chênes de vingt  ans… Il n’y a plus de traces de sépultures mais les anciens en ont vu… ».
A la même date, les matériaux de l’église en ruine sont utilisés pour construire un collatéral (bas-côté) à l’église principale. Il s’agit de l’ancien édifice dédié à SAINT JEAN BAPTISTE qui se trouvait dans la partie orientale de l’actuel cimetière et qui avait été gravement endommagé, ainsi que ses églises annexes en 1572 par une bande armée du huguenot MONTGOMERY. Il était aux ordres de la reine de NAVARRE, JEANNE III d’ALBRET, la mère du futur HENRI IV. C’était d’ailleurs l’année du massacre des protestants lors de la SAINT BARTHELEMY à PARIS.
Il n’est pas impossible que dans la partie orientale de SAINT PE  D’ARIS ait vécu une population marginale de spécialistes de la vannerie et des travaux du bois.
On peut remarquer que le regroupement des paroisses n’est pas une idée nouvelle …

(…à suivre…)
Yves PABON            (*) cf bulletin n°54

 


 

 
 

Où vivaient les cagots de Benquet ?

Chaque civilisation génère une catégorie d’humains placés au plus bas de l’échelle sociale voués au mépris et surtout à la persécution. Privés de certains droits, ils jouent le rôle de boucs émissaires : esclaves, serfs, parias, intouchables et marginaux divers … Ce fut le cas en Aquitaine et dans la Navarre espagnole depuis le haut moyen âge jusqu’au 19ème siècle. Ainsi, au moins une bonne centaine de villages landais, y compris le notre, eurent une communauté de « cagots ».
L’origine de cet ostracisme reste encore une énigme malgré une abondante littérature. Les hypothèses et les controverses sont nombreuses. Ces parias sont désignés par d’autres termes en fonction de la géographie et de l’époque : agots, capots, cougots, chrestians, gaffets, gahets, gésits, ladres, lépreux, carpentés, etc… Sont-ils méprisés pour leur origine ethnique (Goths, Alains, Juifs, Maures, …) pour leur religien (païens, musulmans, hérétiques, sorciers, …) ou pour leur état de santé (lépreux ou assimilés, ladres, goitreux, crétins, …). L’intolérance semble s’exercer successivement au cours des siècles sur ces diverses catégories.
L’explication du mot cagot par « can de goth » (chien de goth) relative aux invasions barbares du 5ème siècle semble abandonnée . D’ailleurs, ce terme a été précédé par celui de « chrestian » (pour le différencier de catholique ?) . Une ségrégation relègue tous les indésirables en dehors de l’agglomération des « premiers fidèles » c’est-à-dire des gens du commun. Il s’agit, en général, d’un lieu écarté, au delà des murailles, de préférence à l’est pour éviter la transmission des maladies par le vent dominant. Pour la même raison, tous les métiers en rapport avec l’alimentation leur sont interdits : agriculteur, boucher, boulanger, cabaretier, meunier, valet, vigneron, etc… Le bois ne transmettant pas la lèpre, ils peuvent exercer tous les métiers en rapport avec ce matériau : bûcheron, chaisier, charpentier, charron, constructeur de moulins, de ponts ou de bateaux, sabotiers, tonneliers, vanniers, etc… Paradoxalement, les cagotes peuvent être sage-femmes. A cause de la souillure du péché originel ?
On les oblige à porter sur leur vêtement, à l’épaule, un signe distinctif : une patte d’oie en tissu rouge. Ils sont admis dans les églises mais par une petite porte latérale et ils sont relégués dans le fond où un bénitier spécial leur est réservé. Ils se rendent les derniers à la communion et le pain bénit leur est présenté avec une petite fourche ou une palette de bois. Les baptêmes ont lieu à la nuit tombante et sans sonneries de cloches. Les enfants sont exclus du catéchisme commun. Ils ont, à l’origine, un cimetière  particulier hors des murs. Plus tard, ils seront admis dans un coin spécial du cimetière paroissial. Ils se marient entre eux, souvent en allant chercher une femme dans une autre communauté plus ou moins éloignée. Il est fréquent que l’époux s’installe dans celle de sa femme. Comme ils sont souvent désignés par un  prénom et le nom de leur paroisse on a pu déceler dans une douzaine de villages landais des cagots benquetois, par exemple, en 1695 le mariage de Marie de Benquet à BAIGTS.  La véritable lèpre disparaît au 16ème siècle mais des maladies de peau (eczéma, psiorasis, ulcères, etc…) alimentant encore la méfiance et font perdurer l’intolérance. En 1683, après plusieurs papes, souverains et magistrats, le Roi Louis XIV veut y mettre fin, il est roi de manière peu désintéressée. Mais les neutralités sont longues à évoluer. Cependant, le terme cagot qui avait déjà remplacé chrestian, fait place officiellement à celui de « carpenté » (charpentier). En effet, ils ont acquis un savoir faire exceptionnel dans les métiers du bois, dont ils ont d’ailleurs un monopole de fait. Leur professionnalisme est apprécié pour diverses constructions : maisons, églises, châteaux, ponts, etc… Le niveau de vie de certains s’élève et ils sont appelés « Maître ». cependant, l’ostracisme rémanent accroît leur sentiment d’injustice. La Révolution de 1789 parvient à éradiquer ce phénomène, de même que pour les juifs et les protestants, mais des réminiscences perdureront dans certains villages jusqu’au début du 20ème siècle.
A Benquet, les cagots ont du être intégrés à la population assez rapidement car la mémoire collective n’en conserve aucun souvenir.

En 1714 on y signale seulement « deux maisons de chrestians » sans autre précision. La toponymie nous indique des lieux dits où vécurent des tenniers car le mot « Coy » ou « Coye » signifie panier d’osier. Par analogie avec d’autres communes (Dax, Laurède, miramont, St Geours d’Auribat et tartas) on peut présumer que dans ces lieux existait une catégorie à une époque reculée. La situation de « Coy » à l’est de la paroisse disparue de Saint Pé d’Aris renforce cette présomption. Quant à « Coye », était-il une annexe de St Christau au nord ou, bien plus tôt, de Castet Charlat à l’ouest ?
Depuis des millénaires, les cas d’intolérance de toutes sortes dans le monde sont innombrables. Ils vont du simple mépris au génocide. Les peuples chrétiens, trop souvent oublieux du principe fondateur « Aimez vous les uns les autres » n’y ont pas échappé.
Toute société fabrique ses cagots par le « rejet de la différence ». Cela donne matière à réflexion pour le temps présent.

Y.P

Notre village à l'aube de la Révolution

En ce jour du 9 Mars 1789, les nombreux habitants de la baronnie de Benquet qui se sont réunis « au sou de la cloche », probablement dans la première église Saint Jean (dans la partie orientale du cimetière actuel) ne se doutent pas qu’ils vivent les prémices d’un grand bouleversement  de notre pays : la Révolution Française.

M. le juge de Benquet étant absent, c’est Jean BAIGNERES, un ancien, qui préside l’assemblée. Le greffier DESTENABES en rédigera la procès-verbal (*). Ils sont tous français ou naturalisés et âgés de plus de 25 ans. Ils figurent dans le rôle nominatif des impôts et font partie de la communauté benquetoise. Celle-ci est composée de 250 feux soit moins de la moitié des foyers actuels.

Par lettres de Versailles du 24 Janvier, sa majesté le roi LOUIS XVI a ordonné la convocation des Etats Généraux du royaume (*). Lecture leur en est faite ainsi que du règlement annexe et de l’ordonnance de M. le Lieutenant Général de la sénéchaussée qui précisent toutes les dispositions à prendre.

Déjà la veille, le prône de M. le Curé Pierre de LABORDE, à la fin de la « messe de paroisse » ainsi qu’un affichage devant la porte principale de l’église à l’issue de l’office, ont eu pour effet de porter à la connaissance de la quasi-totalité des benquetois, l’objectif de cet évènement exceptionnel qui ne s’était pas produit depuis 1614.

« Sa Majesté désire que des extrémités de son royaume et des habitations les moins connues, chacun fut assuré de faire parvenir jusqu’à elle ses vœux et ses réclamations. Louis XVI » Il s’agit de réunir des représentants des trois « ordres » (catégories sociales) qui composent la société française car il demande à ses sujets de l’aider à surmonter les graves difficultés financières du royaume et de lui faire connaître « leurs souhaits et doléances » pour améliorer la situation de l’Etat et mettre fin aux abus de toutes sortes. On distingue ainsi :

histoire_puce.GIF (255 octets)  la noblesse ou aristocratie : une minorité de 350000 personnes qui possède le quart du sol français. Le noble prétend par sa naissance avoir hérité de vertus particulières notamment le courage militaire. Il est fier de bénéficier de privilèges honorifiques, judiciaires et fiscaux (exemption de l’impôt royal).

histoire_puce.GIF (255 octets)  le clergé qui exerce une puissance considérable et possède le dixième des terres. Il est constitué par 1100 prélats et ecclésiastiques de haut rang issus de la noblesse, 60000 religieux et religieuses et autant de prêtres  séculiers vivant près du peuple, chargé de fonctions spirituelles, de l’état civil, de l’enseignement et de l’assistance aux indigents, il perçoit la « dîme » (dixième) sur les récoltes.

histoire_puce.GIF (255 octets)  le tiers-état représente 95% de la population c’est-à-dire toutes les autres professions et situations sociales de la bourgeoisie à la paysannerie.
Les assemblées locales de ces trois ordres se réunissent donc pour élire leurs représentants et pour transmettre aux Etats « cahiers de doléances, plaintes et remontrances ». La noblesse et le clergé élisent directement leurs représentants dans chaque sénéchaussée.

Pour les gens du tiers-état, dans chaque paroisse comme Benquet, un cahier de base est rédigé. Tous les cahiers de base de la sénéchaussée seront apportés le lendemain 10 Mars à Saint-Sever par 3 représentants élus pour les fondre en un seul cahier de doléances.

A Benquet, tous les participants qui savent signer apposent leur signature sur le document. Quant au choix des députés qui seront chargés de cette mission, il incombe à une commission de 24 membres élus par l’assemblée, qui semble s’être occupée au préalable de la rédaction du cahier.

Ce sont LABAILLE (Jurat), MOUCHES, NERCAM, PETIT LOUSTAU, LABAILLE, BONBEZIN, DEJOY, DARRIMAYOU, DUFAU, CLAVE, DETHEUX , LATASTE, CLAVE, DUPEIRON, LA CROIX, BERGALONE, LABADIE, BARRERE, LABARRERE, BOILH, LAUZERE, CLAVE, CLAVE, LOUBERY.

Les 3 premiers notables se voient confier le cahier de doléances de Benquet. Malheureusement, son contenu ne nous est pas connu. Mais on sait que plus de 50000 cahiers de doléances seront envoyés au roi. Ils demandent essentiellement la fin de l’absolutisme royal, une monarchie constitutionnelle, l’abolition des droits féodaux, l’affranchissement de la terre, la disparition de la dîme ainsi que l’égalité devant l’impôt et devant la loi, etc… La réunion à Versailles le 4 Mai 1789 des 1139 députés va révéler aussitôt un tragique malentendu entre d’une part, le roi et le gouvernement  qui espèrent faire passer des mesures fiscales d’urgence, d’autre part, les représentants du peuple français qui attendent un véritable changement de régime.

De profondes désillusions vont créer une situation explosive et, à partir du 6 Mai, déclencher un processus qui conduira à un véritable séisme dans tout le pays.

Y.P.           * Photocopie du document consultable à la bibliothèque

 

 

Clochers d'antan : village d'aujourd'hui

Le peuplement de la petite région entre l’Adour et la Midouze se structure entre la 6ème et le 14éme siècle autour des premières églises de la christianisation, lesquelles forment les noyaux des futurs  villages. Cette   occupation du sol s’opère en trois vagues successives qui se concrétisent à BENQUET par des constructions connues.

A partir du 7ème siècle, la christianisation est largement entamée surtout à proximité de l’Adour. Une église mérovingienne est probablement édifiée à ST CHRISTAU. Est-elle déjà dédiée au légendaire ST CHRISTOPHE ?


Le 9ème siècle voit le triomphe du christianisme. Le réseau paroissial s’étoffe. Les églises de ST PIERRE DU MONT, ST PERDON, ST ORENS DE FOSSADILS, ST MEDARD DE SORNHION (Haut Mauco), STE EULALIE, ST JEAN DE BENQUET, etc … s’élèvent dans les grands espaces vides entre les églises primitives. Autour d’elles l’habitat, les terroirs et les chemins s’organisent. Une « motte » féodale est élevée pour le résidence du seigneur et la surveillance de l’environnement en vue de la sécurité et des péages. C’est le cas à BENQUET.

Vers l’An Mil, apparaît la dernière génération de paroisses dont le territoire est le plus souvent réduit : STE MARIE DE GOUDOSSE, STE MARIE DU LEUY, ST PEDALIS (signifiant ST PIERRE AUX LIENS) à BENQUET, etc… Nous avons vu que cette dernière disparaît au quartier de la CHINE au milieu du 18ème siècle (*). L’actuelle statue de ST PIERRE perpétue son souvenir depuis 1894. A ST CHRISTAU l’édifice actuel remplacerait l’église primitive vers le 13ème siècle mais il est rebâti en 1563 après son saccage et le massacre d’habitants par les HUGUENOTS.

En 1878 sont effectuées de très importantes réparations et le cimetière est restauré. Une reproduction de la grotte de Lourdes est construite. Une fête marque ces transformations.

De 1884 à 1895 diverses réparations, restaurations et améliorations (vitraux, christ, etc…) sont opérées. En 1907 la première messe dominicale est supprimée. En 1927 un chemin de croix et une cloche de 125 kg sont mis en place.

A l’époque carolingienne, une église dédiée à SAINT JEAN est construite dans la partie orientale du cimetière actuel. En 1572 elle est ravagée et pillée par les Huguenots. Le prêtre Jean PESCAY est tué.

L’église ST MEDARD DE MAUCO, également saccagée en 1569, devient annexe de BENQUET. En 1757 un bas côté est construit à ST JEAN à l’aide des matériaux de ST PE D’ALIS en ruines. En 1877 et 1878 des évêques successifs demandent qu’elle soit reconstruite. En 1879 Mgr DELANNOY entre dans le village escorté par 35 jeunes benquetois à cheval. « Sa grandeur recommande avec instances l’œuvre de la reconstruction de l’église principale. » On s’y résout vers 1885. Le terrain est offert par Mme de LONJON née DE CORNULIER ainsi que des carrières de sable. Le Conseil de Fabrique lance une souscription laquelle subit quelques avatars. Mais la quasi-totalité de la population a versé son écot et on réunit 35000 F. On fait appel aux plus aisés pour le financement des sculptures des chapiteaux. Leurs initiales y restent gravées. Le mobilier et l’ornementation coûtent 13689 F. Le tympan du portail est récupéré sur l’ancienne église. On renonce à édifier la flèche du clocher par manque de fonds. Le haut relief de l’autel, inspiré de la Cène de Léonard de Vinci est sculpté en 1887 par ELOI DUCOM.

Le 10 avril 1888, Mgr DELANNOY consacre cette nouvelle église dans une cérémonie spécifique à laquelle participent 25 ecclésiastiques et une foule très nombreuse. Une croix rouge gravée sur chaque pilier atteste de cet évènement.

Le 5 mars 1893, sont bénies 3 cloches neuves formant l’accord parfait majeur, pesant respectivement 616, 309 et 179 kg et coûtant 4520 F. compte tenu de la refonte des 3 cloches anciennes.

Au bord du véritable chemin de St Jacques de Compostelle, soit après le 10ème siècle, au lieu-dit PELOUHA, la tradition orale situe une église ou chapelle qui aurait brûlé…

Au bourg, une chapelle seigneuriale dédiée à Notre Dame, a existé à l’emplacement du bâtiment ancien de l’école et de la bibliothèque.

En 1831 cette ancienne chapelle en très mauvais état est réparée pour y établir une maison commune, une école ainsi qu’un logement pour l e garde champêtre et l’instituteur.

Au cours de l’Histoire, les trois paroisses précitées fusionnent successivement autour de l’église principale pour former une seule entité religieuse qui préfigure la physionomie du village actuel, lequel acquiert le statut de commune. Mais la paroisse perd de nos jours son autonomie et devient un simple relais paroissial.

Y.P          (*) cf bulletin municipal n°56

NB : un texte plus détaillé sera disponible ultérieurement à la bibliothèque
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37 métairies et 3 moulins répartis entre Benquet, Haut-Mauco, Bas-Mauco, Aurice, Saint-Sever (Ste Eulalie) et Montgaillard. Ses ancêtres bretons sont, depuis 1066, soit des militaires, soit des Présidents à mortier au Parlement de Bretagne. Ils possèdent le fief de CORNILLE à VITRE, puis le marquisat de CHATEAUFROMONT.

Né le 25 Août 1789 à Paris, il est l’aîné de 5 enfants dont 2 meurent sous la terreur. Son père sert dans la Garde Constitutionnelle de Louis XVI, émigre en 1793, puis revient près de sa famille. Il est arrêté, condamné à mort et guillotiné le 2 Thermidor an II (20 juillet 1794). Le jeune Toussaint est marqué par la profonde misère du peuple de Paris. Il s’en souviendra toute sa vie et il restera attaché à la cause royale. En 1813, il commence une carrière militaire en Vendée puis au service de Louis XVIII. Le 22 juin 1824, il épouse Hermine de SESMAISONS. Ils auront 4 enfants. En 1828 il est nommé Lieutenant Colonel du 16ème régiment des Chasseurs à cheval. Il démissionne après la Révolution de juillet 1830 et se retire dans son château de VAIR en Bretagne. Fortuné, encore jeune, d’une santé de fer, vigoureux malgré sa petite taille, il désire se rendre utile à son pays par l’agriculture et l’industrie. En 1823, il a traversé notre département et a vu la nécessité de le développer. Après un entretien avec le baron d’HAUSSEZ, ex-préfet des Landes devenu ministre de la Marine, il adopte son point de vue optimiste né des théories des frères DESBIEY et de BREMONTIER ainsi que celui de Claude DESCHAMPS qui préconise les semis de pins après drainage des marécages par des canaux.

En 1836, après avoir réalisé la majeure partie de ses biens, il achète avec son beau frère, le marquis de MONTI ce qui reste de l’ancien duché d’ALBRET à Labrit, Bégaar, Audon, Carcarès, Mauco et dans le Lot et Garonne. Lors d’un voyage dans les Pyrénées avec sa famille, il doit passer une nuit à Mont de Marsan. Il y restera … 26 ans. Il règle des procès et organise ses domaines. Il habite rue de la Porte Campet (A.Dulamon) dans l’aile gauche de l’hôtel du comte PAPIN, à côté de la Société d’Agriculture des Landes dont il va d’ailleurs devenir membre. Il achète des terres à St Pierre du Mont et à St Médard de Beausse, y fait construire des maisons, crée une zone maraîchère, fait planter des asperges ainsi que des mûriers. A Bégaar, il aménage des terres pour édifier 17 métairies modernes, élève une digue dans les barthes et crée un élevage de sangsues. Puis il se tourne vers l’industrie. En 1840, il achète le « moulin du roi » et la chute d’eau de Mont de Marsan pour construire une minoterie. En 1846, après une année de mauvaises récoltes c’est la disette. A ses frais, il fait venir un bateau de blé de Nantes pour ravitailler Mont de Marsan et il fait distribuer des bons de pain gratuits aux nécessiteux. La population le surnomme « l’ami des pauvres ».
La même année, en dépit de son manque d’ambition personnelle, ses nombreux amis le persuadent de se faire élire conseiller municipal afin d’exercer plus facilement sa philanthropie. Il le restera toute sa vie.

Après l’achat en 1855 du domaine de Benquet, il crée au nord du village un beau parc où il fait bâtir une belle maison pour remplacer le château d’ORTES en ruines. C’est l’aile gauche actuelle du nouveau château construit en 1872. En 1856, il est élu conseiller général du canton de Tartas-Est. Il est nommé Président de la Commission des Travaux Publics.

Donatienne, sa fille aînée, qui avait épousé en 1844 le Marquis de MAULEON, vit dans le Gers. La cadette, Hermine, épouse en 1857 le comte Victor de LONJON de BAZAS dont la mère possède le domaine de LACQUY en Marsan. Le jeune ménage va d’abord habiter rue Marchande (Frédéric Bastiat).

En 1860, avec le pharmacien DIVE, le Marquis achète à la Société d’Agriculture, le terrain de la Vignotte et la Rotonde. Il y installe une scierie, des moulins à huile de lin et de colza, un haut fourneau et une forge.

Bien qu’alerte et actif à 73 ans, il meurt subitement le 16 juillet 1862. Le journal des Landes publie un long article, très élogieux, rappelant sa popularité fondée sur sa générosité et son inlassable activité pour créer de nombreux emplois dans les Landes, le Lot et Garonne et les Basses Pyrénées. Une foule considérable suit ses obsèques à Mont de Marsan. Les honneurs militaires sont rendus à ce chevalier de la Légion d’Honneur. Le Préfet, le Président de la Chambre d’Agriculture, le Maire et d’autres personnalités évoquent aussi sa droiture, sa loyauté, sa noblesse d’esprit et l’impulsion qu’il a donnée à l’agriculture ainsi qu’à l’industrie par la création de nombreux établissements. Une impasse qui donnait accès aux bains sur le Midou créés par lui porte son nom.

Mme de CORNULIER se retire à Benquet dans la maison neuve. Le partage de la succession attribue celle-ci à Mme de LONJON qui vient y habiter avec sa mère, ainsi que 27 métairies et 2 moulins.
Mme de CORNULIER meurt en 1867 et est inhumée avec son mari. En 1922, M. de LAURENS, le gendre de Mme de LONJON, est propriétaire du château de Benquet dans le seul domaine landais ayant appartenu au Marquis de Cornulier et restant aux mains d’un de ses descendants. Il fait ramener les corps du marquis et de la marquise dans le cimetière de Benquet. A cet effet, il fait construire un tombeau avec de la pierre venue de Bretagne.

Y.P.            * cf bulletin n°55

 

La Révolution et l'Eglise

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Les évènements se précipitent : en juin, le Tiers-état se proclame Assemblée Nationale.
Le bas clergé se joint aussitôt au Tiers-état car il désire une plus juste répartition des énormes revenus du haut clergé. Venant du peuple, il connaît et partage souvent sa misère. Il sait que les paysans (80% de la population) sont opposés aux droits féodaux, aux dîmes et aux privilèges ecclésiastiques tout en conservant un sentiment religieux.

Puis c’est le serment du Jeu de Paume et en juillet, l’Assemblée Constituante, la commune de PARIS, la prise de la Bastille, le début de l’émigration des nobles, en Août l’abolition des privilèges de la noblesse et du clergé ainsi que des dîmes, en novembre la nationalisation des biens du clergé, l’Eglise perd son indépendance financière et est complètement désorganisée. Les clercs deviennent fonctionnaires.C’est alors qu’un séminariste de 21 ans, Pierre TASTET, rentre à MONT DE MARSAN chez ses parents. Reçu maître ès arts à l’Université de Bordeaux, puis élève de celle de Paris, du grand séminaire de Saint Sulpice, il attendait le grade de bachelier à la Sorbonne.

En juillet 1790, les congrégations sont supprimées. Les Français, bien que catholiques, sont hostiles au clergé régulier en raison de sa puissance. Mais celui-ci adhère massivement à la Révolution. La Constitution civile du clergé instaure une Eglise Nationale. Les curés et évêques sont élus. Ils doivent prêter serment de fidélité « à la nation, à la loi et au roi ». Jean-Pierre SAURINE,  un prêtre marginalisé d’OLORON, ami de l’abbé GREGOIRE, célèbre en politique, a participé activement à l’élaboration de la Constitution Civile du clergé. Comme le tiers du bas clergé qui prêtera serment, il la trouve conforme à ses idées. Le 16 février 1791, il est élu « évêque des Landes » à Mont de Marsan puis monte à Paris rencontrer Talleyrand, évêque-jureur et député. Il est le premier a être sacré par 3 évêques constitutionnels. Il revient début avril à DAX où il est très mal reçu. Il ordonne Pierre TASTET qui a été enrôlé par le clergé constitutionnel montois et en fait son secrétaire. Le pape appelle les clercs à la résistance et rompt avec la république. Les prêtres réfractaires au serment sont mis hors la loi et expulsés. De nombreux « jureurs » se rétractent. 1500 ecclésiastiques émigrent à Rome. On est loin de la liesse de la Fête de la Fédération le 14 juillet 1790 et de la messe de Talleyrand devant un demi million de fidèles. En Août 1792, le roi est arrêté après sa fuite. La 1ère Terreur commence. C’est la chasse aux prêtres puis les « Massacres de Septembre ». La 1ère république est proclamée.

A Benquet, Pierre de Laborde disparaît fin 1792. Devient-il clandestin en se cachant au « claous de la misse » (bois de la messe) ? Ou émigre-t-il en Espagne, à la Rhune ? Pierre Tastet le remplace. Il a 25 ans. En 1793, après l’exécution du roi, c’est la déchristianisation massive, le soulèvement de la Vendée, le calendrier républicain, le culte de la RAISON et de l’ETRE SUPREME, la seconde Terreur et la chute de Robespierre. La situation de tous les prêtres, jureurs ou non, est devenu très difficile. Pierre Tastet abdique ses fonctions religieuses. On le retrouve en Chalosse où il fréquente à LAHOSSE l’ex-« proconsul » révolutionnaire DARTIGOEYTE et à BAIGTS, l’abbé BARBER dont il épouse la nièce, Gracy PINAQUI. Il éduquera lui-même leurs 8 enfants tout en assumant la charge de notaire dans ce village. En Février 1795, la séparation des Eglises et de l’Etat devient totale. Sous le Directoire Bonaparte fait pression sur Rome.  Sous le Consulat, il procède à l’apaisement religieux par le Concordat de 1801 avec le pape. Saurine reste très peu à Dax car il est membre de la Convention et de toutes les assemblées successives jusqu’en 1800 mais il est emprisonné sous la Terreur. Il fait partie des 12 évêques constitutionnels maintenus par le Concordat et est nommé à Strasbourg où il reste contestataire et violent. D’ailleurs, Napoléon dit de lui : « A Strasbourg Saurine me vaut un corps d’Armée ».

Sa réconciliation avec l’Eglise est laborieuse. Il meurt en 1813 et est enterré dans la cathédrale « sans oraison funèbre »
A Benquet, le 11 juin 1801, la paroisse ne comprend plus que deux églises : Saint Jean et Saint Christophe. Le desservant s’appelle Agnet SENTETS. Il préside une assemblée des « principaux habitants et confrères » après la messe. Huit marguilliers sont nommés ou reconduits pour un an comme gestionnaires de deux « fabriques » et six confréries ou œuvres pieuses.

Y.P.          * Cf. bulletin communal n°58
(Un texte plus détaillé sera disponible à la bibliothèque municipale
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Mais il a appris à se garder de tout le monde, de sa famille, de ses conseillers, des barons, des évêques, etc… Il n’accorda sa confiance qu’à quelques hommes qui sont ses obligés et il est sans pitié pour ceux qui le trahissent.

Il est seul au courant de tout. Il cultive le secret et même la duplicité de façon à contrôler toutes les affaires : ses relations avec les souverains, la mainmise sur l’église, les questions militaires, les finances locales, les fortifications des villes et évidemment les négociations des diplomates.

L’un de ces derniers, Géraud de Benquet, seigneur d’Arblade-Brassal est né dans notre village à une date inconnue. Durant la guerre de Cent Ans, il est célèbre pour sa bravoure qui restera légendaire. Il commence par servir le Comte d’Armagnac contre les Bourguignons. Puis il combat les anglais pour le compte du roi Charles VII.

En 1457, il a la chance de faire prisonnier, sous les murs de Bordeaux, un capitaine ennemi nommé Jean de Hyragoyen. Il le conduit au château de Sion qui appartient à son parent et ami Jean de Lavardac et convient du montant de la rançon. Mais le prisonnier s’évade grâce à un certain Jean d’Aberon. Géraud de Benquet doit aller le reprendre en Béarn avec l’aide d’officiers du Comte d’Armagnac. Il l’enferme à Nogaro et le place sous leur garde. Mais le captif s’échappe de nouveau ce qui est très fâcheux car ce capitaine connaît les projets militaires de l’Angleterre. On pouvait espérer obtenir de sa part beaucoup de renseignements utiles au roi …

Une requête présentée à Poton, seigneur de Xaintrailles et de Vileton, Maréchal de France, est satisfaite par une ordonnance du 13 février 1454 qui condamne ceux qui ont laissé s’évader le prisonnier à lui payer la rançon. Ce sont Jean de Camicas, procureur d’Armagnac, Vidalon de Lafargue, châtelain de Nogaro et Bernard de Robye, receveur d’Armagnac.

En appel au Parlement de Toulouse, l’ordonnance est confirmée le 23 octobre 1457. Poton condamne Vidal de Lafargue à payer cent écus d’or à Géraud de Benquet.

Celui-ci est aussi un diplomate avisé. Son intelligence vive lui vaut la confiance de Louis XI pour les négociations difficiles. Toutefois, il ne réussit pas à faire rentrer d’Espagne le Comte Jean d’Armagnac qui a fui après l’invasion de son territoire en 1455 par les troupes royales à la suite d’une excommunication du pape. Le roi lui tient rigueur de cet échec, du moins jusqu’en janvier 1461 où un mémoire justificatif est publié.

En raison des services qu’il a rendus à la Maison de Bourbon et au Comte de Beaujeu, il est nommé capitaine et gouverneur des seigneuries de Manciet et Eauze. Il est confirmé dans ces commandements en décembre 1485 par le roi Charles VIII, sous la tutelle de la régente Anne de Beaujeu, fille de Louis XI.

On peut affirmer qu’un seigneur benquetois a apporté sa contribution à l’évolution de la France vers l’unité, la paix et la sécurité, cela avec un minimum de conflits armés mais avec la mise au pas des grands féodaux, ce qui permettra d’assurer au royaume une longue période de prospérité.

Y.P.